Si tu veux rejoindre Paul, clique sur le sari des soeurs !
Jusqu'à son décollage, je ne réalisais pas bien que Paul partait en Inde, vivre quelques mois dans ce pays qui a tant compté pour nous et qui tient une place si particulière dans notre histoire, et donc dans notre coeur. À la faveur de son départ, nous avons ressorti nos albums d'Inde Espoir en 1997 et fait sourire les enfants en leur dévoilant nos têtes d'étudiants, perdus au milieu des sourires et des saris.
Des sourires et des saris, Paul en croise tous les jours dans les centres des Soeurs de la Charité de Mère Teresa à Calcutta. Il y croise aussi la maladie, la souffrance et la mort, qu'il va chercher, avec d'autres volontaires, dans les gares et les bidonvilles de la ville. Il y rencontre les oubliés les plus mal en point, qu'il ramène, tant bien que mal, aux centres, pour les laver, les soigner (non pas les guérir) et les renvoyer d'où ils viennent ou les entourer jusqu'à leur dernier souffle.
C'est dans les grandes lignes ce que Paul nous raconte lors de nos fréquents coups de fil avec lui. Il va bien, très bien même. Bien installé dans la maison des volontaires, il a trouvé ses marques et son rythme, entre le lever aux aurores, la messe, le travail dans un centre le matin, le déjeuner partagé, l'aide dans un autre centre l'après-midi, les maraudes dans les bidonvilles, le retour à la maison pour l'adoration, un peu de sport, le dîner et un temps calme de lecture ou de travail, avant de terminer par une bonne nuit.
Les volontaires, majoritairement hispanophones, de tous âges, de toutes origines, se succèdent, certains pour quelques jours, d'autres pour quelques semaines. Paul n'en fera pas ses meilleurs amis pour la vie, mais il se lie avec tous et apprécie ces relations spontanées et fraternelles, cette proximité qui humanise le quotidien.
Paul vit en accéléré et en condensé des expériences que peu d'entre nous auront ne serait-ce qu'approchées dans leur vie. Il en est conscient et les accueille comme une chance. Une chance de réaliser l'importance d'une simple présence, d'une fervente prière, d'un regard humanisant, d'une parole de reconnaissance.
Nous sommes assez édifiés par la solidité et la maturité dont Paul fait preuve. Il nous semble gérer avec beaucoup de sagesse et de mesure la juste distance entre un engagement total dans ce qu'il fait et le souci de prendre soin de lui, de connaître ses besoins et ses limites. Même à distance, nous le sentons mûrir et acquérir progressivement une profondeur nouvelle. Et c'est bon.
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