Même si notre vie va tout à coup prendre une tournure beaucoup plus normale et beaucoup moins exotique, j’ai promis aux copines restées loin de poursuivre ce blog…
Vous n’y trouverez plus de photos de dunes ou de voilier, ni de récits de voyages trimestriels à l'autre bout de la terre, mais j’espère que vous prendrez le même plaisir à suivre notre actualité familiale, avec tout ce qu’elle comportera désormais de normal, de classique et de banal ;-)))
2.7.16
Mot de conclusion...
Petit retour en arrière pour partager avec vous ce que nous avons dit à nos amis sur le bateau lors de notre journée de farewell...
(Claire)
Merci les amis.
7 ans... Ça parait incroyable de se dire que nous sommes à Dubai depuis 7 ans... Si nous l'avions su avant d'arriver, nous n'aurions sûrement pas signé !... Et nous aurions eu bien tort... Nous nous serions privés de quelques unes des plus belles années de notre vie.
(Martin)
De notre vie familiale d'abord : quand nous sommes arrivés de Singapour, Perline avait tout juste 1 an. Timothée, notre cinquième trésor, a rejoint la tribu en 2012, portant à 4 le nombre de mousquetaires autour de notre Princesse et nous classant définitivement dans la catégorie "attraction touristique" lors de tous nos voyages. (Ce qui n'est pas totalement pour nous déplaire, nous l'avouons sans honte, et ce qui fait de Claire, mère de 4 garçons, une quasi déesse vivante pour nos amis asiatiques !).
Dubai restera donc le lieu où nous avons poursuivi (et normalement achevé !) la construction de notre famille. Nous avons eu la chance d'y vivre d'immenses joies et de grands bonheurs, dont nous rendons grâce au Ciel tous les jours. Nous avons coutume de répondre à ceux qui nous interrogent sur la qualité de vie ici que Dubai est une destination parfaite pour les familles nombreuses, grâce à cette météo -presque- toujours clémente, grâce à nos maisons si spacieuses et agréables, grâce à toutes ces plages à deux pas, grâce à ces écoles aux infrastructures scolaires complètement incroyables, grâce à la multitudes d'activités auxquelles nos enfants ont accès ; en bref, grâce à la diversité des opportunités qui nous sont offertes.
Et cette vie de rêve ne pourrait l'être sans l'aide aussi discrète que précieuse de nos nannies si dévouées et efficaces. Nous avons tous connu de petits déboires avec certaines -nous les premiers !- mais jamais nous ne mesurerons le confort et la sécurité que leur présence à la maison nous a apportée pendant toutes ces années, et nous leur en seront toujours reconnaissants. Sans elles, notre vie à Dubaï n'aurait pas été la même. Et sans vous non plus les amis !
(Claire)
Sans ces années à Dubai, nous nous serions en effet privés de grandes et belles amitiés. Certains amis n'ont pas pu venir aujourd'hui, d'autres ont déjà quitté Dubai, mais tous vous ferez toujours partie intégrante de ce qu'aura signifié Dubai dans nos vies. Chacun de vous, à sa manière, nous a enrichis et fait grandir. Nous avons vécu et partagé énormément de choses ensemble, beaucoup de très belles et agréables, d'autres infiniment plus difficiles et douloureuses, mais toutes nous ont permis de créer avec vous des liens uniques pour lesquels nous vous remercions de tout coeur. Chacun de vos couples, chacune de vos familles sont pour nous des sources de réflexion ou d'inspiration, qui continueront de nous construire en dépit de la distance et des années.
(Martin)
Car vous l'avez compris, cette journée n'est pas une farewell, encore moins une journée d'adieu. Nous ne partons pas vraiment, nous ne faisons que nous déplacer, en attendant que vous rentriez vous aussi au bercail nous retrouver ! A l'annonce de notre retour en France, certains, ne sachant trop comment réagir, ont la délicatesse de nous demander d'un air dubitatif : "Mais vous êtes vraiment contents ? C'est votre choix ou pas ?" ! Fair enough, la question est légitime !
(Claire)
Pourtant, nous ne pouvons pas dire que la ville de Dubai nous manquera ; elle nous parait trop changeante et perpétuellement mouvante pour nous y attacher véritablement.
La région non plus ne nous manquera pas, nous avons le sentiment d’en avoir pleinement profité. Nous avons eu la chance de l'arpenter en tous sens avec plusieurs d'entre vous ou en famille, et d’en admirer les richesses et les beautés. Nous nous sentons privilégiés d'avoir pu découvrir tous ces pays avant que certains ne sombrent dans le chaos.
La population locale ne nous manquera pas non plus, puisque nous n'avons malheureusement pas rencontré de vraies opportunités de nouer avec elle de liens assez étroits pour en faire réellement connaissance.
Mais, soyons honnêtes, nous savons bien sûr tout ce que nous perdons en quittant Dubai :
- de donner aux enfants 5 minutes chrono pour s'habiller : un short, un t-
shirt, des tongues, une tape sur les fesses et zou, tout le monde dehors ;
- de constater que le sac à linge sale (aussi appelé "panier magique" par Martin) ne se videra plus tout seul et fonctionnera désormais beaucoup plus lentement... ;
- de partir vers les Sevens tous les vendredis matins aux aurores avec un chargement de 10 rugbymen surexcités et près à en découdre sur le terrain sous 35° à l’ombre ;
- de pouvoir décréter, d’un air délicatement capricieux, que la mer -à 27°- est décidément encore un peu trop fraîche et qu’il serait préférable d’aller boire un café en attendant qu’elle se réchauffe ;
- de se demander tous les 2 mois quelle sera notre incroyable destination de voyage aux prochaines vacances des enfants ;
- de faire comme si Magic July sans la famille était vraiment une période trop éprouvante et qu’il est tellement plus facile de surmonter l’épreuve du célibat quand 5 copains viennent habiter à la maison ;
- de rencontrer des commerçants beaucoup trop gentils, qui offrent des cadeaux aux enfants quand ils ont cassé quelque chose et les consolent quand ils se font gronder par leurs indignes parents ;
- d’avoir un monsieur pour laver la voiture, un monsieur pour arroser le jardin, un monsieur pour emballer les courses et les charger dans la voiture, un monsieur pour faire le plein d’essence, un monsieur pour venir réparer la clim, ... Il nous manquera décidément beaucoup de monsieur en France ! ;

- de comparer le V8 du Landcruiser avec le V8 du Patrol en vitesse lancée sur les Sapka de Liwa (... et de constater bien sûr que le Landcruiser arrive invariablement en tête) ;
- et nous perdrons aussi d'avoir des copains du monde entier autour de la table du goûter à la maison. "Hi, I'm Mani, my dad is from Lybia, my mum is Australian, I was born in South Africa and I grew up in India and Brazil. I've been in Dubai for 3 years and I'm really excited about moving soon to New York. Oh and btw I'm Muslim, and I think your Jesus was only a prophet and we'll all be Muslim at the end of the day"...
Oui, cet environnement international nous manquera, la diversité d'origine des copains des enfants, l'ouverture et la tolérance qu'elle leur a inculquées nous manqueront.
Et bien sûr VOUS nous manquerez aussi !!
(Martin)
Mais nous savons que nous nous reverrons pendant les vacances ou le jour où, comme nous, vous aurez envie de retrouver toutes ces petites choses qui rendent la vie en France bien douce et belle malgré tout :
- les we improvisés chez les grands parents ou chez les cousins ;
- les bons petits marchés de producteurs locaux à la sortie de la messe du
dimanche ;
- les thés chauds devant la cheminée après les balades dans les sous-bois humides au début de l'automne ;
- les bons petits restaux dont la bouteille de vin ne fait pas tripler l'addition ;
- les cours de caté et la messe à l'école, le réveil au son des cloches ;
- la visite des plus beaux villages de France ou des plus belles capitales
d'Europe pendant les 15 jours fériés du mois de mai ;
- le plaisir de trouver du premier coup et dans le même magasin tous les ingrédients d'une recette de cuisine ;
- les sorties scouts le week end et les camps l'été, ou comment aider nos enfants à toujours mieux comprendre que la vie n'a de sens que si elle est au service des autres.
Donc pour répondre à la question des sceptiques ou des dubitatifs :
non, nous ne sommes pas tristes de quitter Dubai ; nous en avons pleinement profité ;
mais oui, nous sommes tristes de vous quitter ; nous laisserons en partant une partie de nous-mêmes ;
mais oui aussi, nous sommes heureux de rentrer en France !
Car nous sommes heureux d'aller y enfouir les racines de notre famille, riches de 10 années que vous avez tous contribué à rendre passionnantes et excitantes.
Merci à tous, merci à chacun. Et à très bientôt si le coeur vous en dit !
Photos de juin
Le mois de juin fut rempli à ras bords d’une multitude de petits évènements pleins d’importance et de dernières fois pleines d’émotions :
- L’adoption par les Guillet de Relax et Eclair, les tortues que nous hébergions clandestinement depuis 6 ans. Nous sommes très heureux de les savoir entre de si bonnes mains et ravis de les avoir confiées à Théophile.
- L’impressionnant avancement du chantier en face de la maison, qui n’aura même pas eu le temps de nous déranger, mais que nous aurons la frustration de ne pas voir s’achever !
- Le défilé des limousines à la sortie de Kings, pour les dernières birthday et leaving parties de l’année. Forcément, c’est beaucoup plus pratique pour emmener toutes les filles de la classe au Spa Hello Kitty…
- Une séance d’Escape Quest organisée pour Paul par ses amis de DC. Un concept déjà arrivé en France que nous avons hâte de tester en famille.
- La remise des Awards de Kings, où Poupette s’est vue récompensée comme « Best Athlete of Y3 ». Elle aurait aussi pu être nommée « Best rugby player, fastest swimmer, most motivated football player, most improved cross country runner, … », mais il fallait en laisser pour les autres ;-)
- L'anniversaire de 8 ans de Poupette, au restaurant (faute de maison !).
- Le dernier jour de classe à Kings, où Thomas, Perline et Timothée ont reçu de touchants témoignages d’amitié de la part de leurs amis de classe et maîtresses.
- Les derniers cours de piano avec Darwin. Les enfants sont désespérés de l’énergie que je mets à leur chercher un prof de piano pour l’an prochain… « Mais non Maman, ne t’inquiète pas pour nous, ne te donne pas cette peine, tu as bien d’autres choses à faire, ce n’est pas grave, on peut faire sans…».
- Le dernier cours du Cned avec Madame Hut, qui a suivi chacun des enfants depuis 6 ans à raison de 2 cours par semaine. Après nous, Catherine est sans aucun doute la personne de Dubai qui a vu grandir les enfants le plus régulièrement et le plus intimement depuis toutes ces années !
- Les derniers cours de tennis avec Olav, dont les enfants étaient ses plus anciens élèves !
- Mon premier et notre dernier Ski Dubai en famille, qui a donné à tous le goût et l’envie de dévaler de vraies pentes sur de la vraie neige dès l’hiver prochain !
- Notre premier et dernier IFly en famille, où chacun, dont Ninou, a pu voler en apesanteur pendant 2 minutes et ressentir quelques sensations de chute libre (bien moins incroyables qu’en vrai cependant ;-)
- Les dernières play dates, sleep-overs et sorties ciné avec les copains et copines. C’est bien simple, depuis 15 jours, nous n’avons pas vu les enfants, ne les avons jamais eus tous les 5 ensemble le soir et savions à peine chez qui était qui… Nous savions seulement qu’ils étaient heureux là où ils étaient et cela nous suffisait ;-)
- La séparation d'avec Iresha, la jeune fille sri-lankaise si dévouée qui travaillait pour nous depuis 18 mois. Avec son mari, elle s'installe dans une nouvelle famille française chez qui ils seront bien. C'est satisfaisant pour nous de savoir que nous les laissons entre de bonnes mains. Nous leur souhaitons beaucoup de bonheur et un avenir heureux, à Dubai puis de retour au pays ; ils le méritent amplement.
Et il en fut de même pour nous, les parents :
- Un dernier restau en amoureux au Mc Do de la station service en face de la maison à 23h30... So glamour pour un petit diner en tête à tête la veille du déménagement !
- Une dernière ladies night entre copines au pied du Burj Al Arab.
- Une dernière séance de ciné entre filles pour avoir le droit de pleurer sans que personne ne se moque de nous.
- Une dernière sortie en voilier avec les Hazard, Gaudemet et Taureau. Apéro et diner au clair de lune après un délicieux bain de mer au coucher de soleil… Merveilleuse soirée entre amis, quel délice.
- Des « derniers » diners dans tous les sens pour prolonger les au-revoir et se donner l’impression que l’heure des départs ne sonnera jamais…
Nous réalisons à peine et avec peine que nous quittons Dubai après tant d’années si fantastiques sur le plan familial et amical. Nous laissons derrière nous des amis extrêmement chers et une qualité de vie incroyable. Notre départ s’est accompagné, autant pour nous que pour les enfants, de manifestations et de témoignages d’amitié qui pourraient rendre notre retour déchirant. Pourtant, nous le vivons surtout comme une occasion supplémentaire de rendre grâce pour la chance que nous avons d’avoir vécu des années aussi riches et d’avoir construit des relations aussi fortes.
Nous rentrons à la maison enrichis et heureux de dix années dans lesquelles nous puiserons courage et énergie pour vivre sereinement toutes les adaptations que notre nouvelle vie exigera de nous !
Pour vivre toutes les dernières fois avec nous, clique sur nos skis !
1.7.16
Move
Les déménageurs n’ont pas failli à leur réputation de tornade : ils nous ont mis la maison sous boites en à peine 3 jours et ont chargé nos 385 cartons dans le container en quelques heures. C’est impressionnant d’imaginer que toute notre vie matérielle tient dans 45 feet… Leçon d’humilité et de relativisme…
A la fermeture et au départ du container, j’ai été assaillie de sentiments assez contradictoires : j’ai tout à la fois ressenti de l’émotion à voir concrètement se tourner la page de sept ans de notre vie, mais j’ai aussi trouvé étrangement apaisant de ne plus avoir d’attaches matérielles. Se défaire momentanément de toute possession procure un sentiment de liberté qui m’a fait réfléchir sur l’importance souvent exagérée que nous portons à nos biens matériels. Tout comme à notre arrivée à Singapour il y a 10 ans, avec nos 3 garçons et nos 91 kgs de bagages, j’ai éprouvé un certain bien-être à nous voir « réduits » à 152 kgs de bagages pour nous sept, sans pour autant avoir le sentiment de manquer de quoi que ce soit.
Food for thought…
Pour aider les déménageurs, clique sur le container !
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