Suite à la fermeture des remontées mécaniques, nous avons changé nos skis d'épaule et tourné nos spatules vers le Sud, où les portes des lieux publics, musées et restaurants sont restées grandes ouvertes aux visiteurs. Nous avons ainsi goûté à la douceur du soleil d'hiver sur les rives du Douro d'abord, puis du Taje ensuite, découvrant avec curiosité et intérêt ce pays à la langue si faussement proche de l'espagnol !
Nous avons d'abord posé nos valises à Porto, que nous avons découverte déserte en ce 25 décembre de pandémie... La messe de Noël à la cathédrale nous a permis de nous plonger doucement dans cette nouvelle culture, bien que nous n'ayons pas saisi grand chose de l'homélie ! (Heureusement que nous connaissions un peu l'histoire :-).
Surprenant et un peu déroutant que ce centre ville vidé de ces habitants, mais ce calme lui conférait un certain charme et nous donnait l'impression assez magique d'avoir la ville pour nous tout seuls ! Plaisir d'autant plus grand dès le lendemain de retrouver les églises et les musées ouverts, les rues animées et les terrasses accueillantes des restaurants, où un soleil radieux nous a permis de passer de délicieux moments. Sans succomber à la tentation du tramway (ni de la trottinette électrique !), nous avons arpenté la ville de long en large et de haut en bas, sous le charme des petites ruelles sinueuses et des petites places enclavées entre une église, une fontaine, un mur d'Azulejos et un couvent. Nous ne pouvions quitter Porto sans en déguster le précieux nectar, dont nous rapportons bien sûr quelques flacons dans nos valises !
Il faisait beau et doux, certes, mais le fond de l'air, hivernal, restait tout de même frais. Cela peut expliquer que la maman soit en manteau fourré. En revanche, le Timo en t-shirt reste une énigme à qui ne sait pas que quand nous faisions 100 mètres en marchant, lui en faisait 300 en courant derrière son ballon de rugby... La vérité météorologique de ce voyage se situe donc probablement au milieu, vers les sweat-shirts à capuche raisonnablement portés par les autres personnes normales de la famille !
Qui voyage de Porto à Lisbonne ne peut le faire sans faire trois immanquables haltes :
- Le sanctuaire de Fatima, un peu désert en ces temps troublés, mais non moins impressionnant par sa taille et par ce qu'on peut imaginer de la ferveur de ses pèlerins lorsque l'esplanade en est bondée. Il nous faudra y revenir.
- L'étonnant et colossal Monastère de Batalha, construit à l'endroit de la bataille remportée par les Portugais sur les Castillans (1385), confirmant et pérennisant ainsi l'indépendance du pays. Après 100 ans de travaux, sa construction ne fut pas achevée, ce qui constitue probablement aujourd'hui l'un de ses principaux attraits.
- Le grandiose et baroque Palais national de Mafra, résidence d'été des rois portugais (1730), dont la bibliothèque de 85 mètres de long ferait rêver plus d'un petit rat (et fait déjà rêver des colonies de chauves-souris, lâchées la nuit dans les rayonnages pour y manger les insectes xylophages !).
Quelques kilomètres vers le Sud et nous atteignions Lisbonne, 3ème et dernière étape de notre périple.
Si les rives du Taje ne sont pas aussi pittoresques que celles du Douro, le centre de Lisbonne nous a séduits par son charme, ses quartiers variés, ses ruelles escarpées et ses façades colorées. Comme promis aux enfants à Porto, nous avons cédé -une fois !- à la facilité du tramway (mythique ligne 28) pour découvrir les différents visages de cette ville ouverte sur l'océan et chargée d'histoires du Nouveau Mgonde.
Le quartier de Belem à l'embouchure du Taje nous a ouvert les portes de l'océan et offert ce qui fut probablement mon coup de coeur du voyage : le splendide et monumental Monastère des Hiéronymites, au début du 16ème à la gloire des explorateurs portugais et de leurs découvertes à travers le globe. Avant d'emprunter ce qui pourrait sembler le Golden Gate Bridge de SF pour admirer celui qui pourrait sembler le Cristo Redentor de RJ, nous avons profité d'une excellente exposition interactive temporaire sur Van Gogh, qui, bien que n'ayant rien à voir avec la choucroute, nous a passionnés !
À quelques encablures de Lisbonne, la ville de Sintra renferme deux joyaux :
- le Palais national, au coeur de la ville : exceptionnelle résidence royale, habituée quasiment continuellement du XVème à la chute de la monarchie en 1910. Son splendide aménagement intérieur reflète la richesse de l'histoire du pays.
- le Palais de Pena, juché sur la cime d'une colline environnante : cet étonnant palais, patchwork de styles, d'influences et de couleurs, est une pure merveille aussi déroutante qu'envoûtante.





