17.5.08

Johannesbourg

Sur le chemin du retour après l'Angola, j'ai passé trois jours à Jo'burg pour visiter notre bureau régional.

Une ville qui sue la peur par tous ses pores. Tout est sécurité, tout est inquiétant, et je pense qu'une génération entière de paranos est en train de se créer (peut-être des connaisseurs plus avisés me diraient que l'Afrikaner a toujours été parano ...).

Mon chauffeur (noir) a un mauvais pansement sur le visage car il s'est fait attaquer la veille pour son portable. Il ne s'arrête pas aux feux rouges car la nuit ce n'est plus obligatoire pour cause de "car jacking". Il me parle amèrement de son pays. Il me montre les sécurités autour de l'hôtel en me rassurant sur le fait que je pourrais marcher dans ses environs immédiats car la zone est "safe"...

Le lendemain dimanche, déjeuner avec des amis du boulot et leurs familles ... J'essaye de parler sécurité avec l'une des épouses mais elle esquive ... Puis avec l'un des maris qui se livre plus volontiers.

Tous aiment cette terre africaine passionément, et tous sont tristes du tour que prennent les événements ... Depuis octobre des coupures de courant organisées frappent le pays. Ainsi le dernier jour, alors que je m'arrête sur le chemin de l'aéroport dans un mall pour acheter un souvenir à ma bien-aimée, toutes les lumières s'éteignent ... Coupure prévue de 10h à 14h. Certains magasins mettent des lumignons, d'autres ferment, les plus gros lancent le groupe électrogène...

Je quitte Jo'burg avec des sentiments mélangés ... Un pays sorti la tête haute de l'apartheid, qui pourrait être un exemple pour l'Afrique mais qui n'en finit pas de combattre ses vieux démons ... Beauté et tristesse.

3 comments:

Daphné said...

Sentiment de gachis. C'est triste en effet. Merci pour le recit. Bises

Anonymous said...

Oui, merci Martin de nous faire partager tes impressions de voyage !

Anonymous said...

Merci Martin. bises