17.5.16

Myanmar... Probablement l'un de nos plus beaux voyages !

Pour notre dernier grand voyage depuis Dubai, nous avions envie de refaire un saut en Asie. Comme nous avons eu la chance de visiter tous les pays de la région avant que certains ne sombrent dans le chaos, nous aspirions à nous replonger dans cette Asie que nous avons tellement aimée pendant nos années à Singapour. Et la Birmanie s'est imposée comme une destination évidente : nous n'y étions jamais allés, nous n'en entendions que des choses passionnantes et il fallait y aller vite avant que le pays ne s'ouvre trop au tourisme et perde de son authenticité. Dire que la Birmanie a tenu toutes ses promesses serait un euphémisme : nous avons l'impression d'avoir fait 4 voyages en 1 tellement ce pays nous a donné à découvrir de visages, de paysages, d'ambiances et de modes de vie différents.


Nous avons rencontré une population extrêmement accueillante avec les étrangers et particulièrement intriguée par notre famille. Les touristes sont encore assez rares, les familles peu fréquentes, celles de 5 enfants encore moins, mais alors avec nos 4 garçons, nous frisions là la perfection et le summum de la félicité ! Nous ne pouvions littéralement pas faire 4 pas sans que l'un des enfants soit attrapé par le bras pour poser avec une dame et sa fille, un moine et sa soeur ou un groupe de jeunes. Timothée avait particulièrement de succès, dont il s'amusait au début, mais dont il eut, de façon compréhensible, rapidement assez ;-) Cela dit, il faut reconnaître qu'une fois de plus -peut-être même encore plus qu'ailleurs- les enfants ont été des facilitateurs naturels de la communication et de la relation avec la population locale, ce qui ne manque jamais d'ajouter une dimension particulièrement sympathique à un voyage. 
Si nous devions citer un trait culturel qui nous a frappés chez le peuple birman, nous citerions leur sens du don et l'importance qu'occupe la vie spirituelle dans leur existence. Le moindre petit village regorge de pagodes, stûpas et autres temples, que fréquentent les Birmans de tous âges à tout moment de la journée. Où que nous allions et quelle que soit l'heure, nous trouvions les lieux de culte peuplés de familles, de femmes seules, de vieillards ou de moines, dont certains donnaient l'impression d'être en état de recueillement, mais dont beaucoup semblaient surtout fréquenter les lieux de prière comme ils feraient leur promenade de santé ou leur activité de divertissement quotidienne. L'histoire de ce peuple, si longtemps écrasé et nié dans ses libertés les plus fondamentales, explique sûrement la ferveur des Birmans et l'importance qu'ils accordent à leur vie spirituelle. 
De la même manière, les cultes qu'ils vouent aux différents dieux, les croyances qu'ils empruntent allègrement et indifféremment au bouddhisme comme à l'hindouisme, leurs références superstitieuses à des esprits, la confiance démesurée qu'ils prêtent à l'astrologie dans toutes les décisions de leur quotidien, ... sont autant d'exutoires spirituels et de palliatifs personnels aux oppressions dont ils ont été victimes pendant tant de décennies. De la même manière, ces populations si pauvres font montre d'un sens du don assez incroyable. Pas une statue de bouddha dont les genoux ou les mains ne soient pas couverts de billets, pas une pagode dont l'entrée ne soit pas encombrée de boites en plastique pleines d'argent liquide... Là aussi, les offrandes offertes par les Birmans à leurs lieux de culte sont colossales en proportion de leurs revenus, mais traduisent combien la vie spirituelle fait partie intégrante de la vie tout court. C'est également ainsi que les moines, que nous avons croisés partout par dizaines voire centaines, peuvent vivre de l'aumône quotidienne sans risquer de jamais manquer. 

Nous étions à Yangon exactement dans les jours où Ang Shan Shu Kyi s'est vu confier les rennes des principaux ministères, la portant ainsi au pouvoir après des années de lutte (même si dans les faits les Généraux gardent la main sur beaucoup de décisions clés). A entendre l'espoir que mettent tellement de Birmans dans l'avènement de cette femme, nous aurions pu nous attendre à des manifestations visibles de cette joie populaire. Or il n'en fut rien, signe là encore qu'il faudra des années, voire des décennies, avant que les Birmans n'apprivoisent cette liberté nouvellement retrouvée dont ils n'ont plus l'habitude et dont ils ne savent pas encore bien que faire. La propriétaire birmane de la petite guest house où nous sommes restés à Yangon les deux derniers jours de notre voyage, nous faisait part de ses craintes pour son pays. Peur que le peuple, grisé par l'accession à de nouveaux droits, ne les utilise pas à bon escient et gâche ses chances de développement démocratique et apaisé par des excès qui donneront lieu à des retours de bâtons irréversibles. L'afflux des touristes en particulier lui semblait être un des canaux par lesquels le mal pouvait arriver, faisant entrer dans le pays, d'un coup et sans préparation, la culture occidentale et son cortège de maux que nos sociétés de consommation ne connaissent que trop bien. Il faut se réjouir des progrès démocratiques que connait en ce moment la Birmanie et se féliciter que ce pays, plein de potentiel, puisse enfin sortir du moyen-âge et entamer le développement économique dont il est capable. Mais il faut se garder de toute excitation et se méfier des avancées culturelles et économiques trop rapides, que les Birmans, encore si emprunts de mentalités d'un autre âge, ne sont pas encore prêts à absorber.

YANGON

Pour voir les plus belles pagodes, clique sur le "longi" de Martin ! 

Impossible de visiter la Birmanie sans se plonger pour commencer dans l'ambiance grouillante et surpeuplée de sa capitale économique. Comme toute mégalopole, Yangon présente des quartiers aux visages culturellement, économiquement et architecturalement des plus variés. Mais une caractéristique, que nous retrouverons tout au long du voyage, leur est commune : si l'architecture d'origine des lieux de culte a pu être belle, elle est aujourd'hui souvent gâchée par des ajouts grossiers, qui rompent l'harmonie originelle. Les bouddhas lumineux clignotants se reflètent sur le patchwork multicolore de linos brillants, qui cachent mal une crasse qui semble incrustée dans le sol pour l'éternité. Des poubelles made in China en plastique aux couleurs criardes brisent l'unité des couleurs et des perspectives. Des fils électriques rafistolés à la hâte et des sols couverts de vilain carrelage de cuisine achèvent souvent de retirer toute qualité esthétique à des pagodes ou des temples qui ont dû un jour être très beaux...
Ce manque de soin porté à leur héritage culturel et ce peu de cas fait à l'apparence de leurs bâtiments historiques montrent combien les Birmans n'ont pas notion de la valeur de leur patrimoine et des richesses qu'ils ont entre les mains. Sans accès aux fonds internationaux jusqu'à très récemment, ils ont certes manqué de moyens pour rénover et entretenir leur patrimoine, mais ils ont surtout manqué de vision long terme dans sa préservation. Peu conscients de sa valeur, ils se sont souvent laissés dépouiller de leur patrimoine sans réaliser les pertes irréversibles qu'ils réalisaient. En résultent aujourd'hui d'innombrables monuments, pagodes et temples, tous surpeuplés et animés d'une immense ferveur, mais tous défigurés par des restaurations bricolées voire bâclées, rivalisant de kitsch et de mauvais goût... S'il faut le déplorer et s'en désoler, cela a aussi fait partie des caractéristiques passionnantes à découvrir dans ce pays !

MANDALAY


Pour visiter Mandalay, fais la course avec les champions ! 

Après 1 heure d'avion dans un petit coucou dont la ponctualité et la qualité de service n'ont rien à envier aux A380, nous sommes arrivés à Mandalay, au coeur de la vaste plaine qui forme l'intérieur de la Birmanie. Dernière capitale royale du pays, Mandalay, la "Cité d'Or", demeure la ville symbole de la foi bouddhique. La Mandalay Hill, qui domine la ville, est recouverte de pagodes et monastères (150) qui abritent quelque 70 000 moines et attirent les pèlerins de tout le pays. Mandalay Hill était à l'époque le rendez-vous préféré des amoureux, le lieu sacré où les vieillards méditaient sur leur voyage imminent vers une nouvelle incarnation, l'épicentre culturel où écrivains et artistes venaient chercher l'inspiration. Ces traditions, quelque peu tombées en désuétude au changement de régime, ont laissé la place à des flots de visiteurs, tout autant pèlerins que touristes. Au pied du Mont, s'étend la vieille cité royale, le Palais de Mindon. Se croyant inspiré par Bouddha, le Roi Mindon fonda Mandalay au 19ème et choisit d'y construire sa résidence royale, au coeur d'un immense espace entouré de murailles rose-rouge. A l'intérieur, il ne reste malheureusement plus rien des édifices d'origine en teck magnifiquement sculptés. Pendant la seconde guerre mondiale, les Japonais avaient transformé le Palais en forteresse ; les Anglais l'ont ensuite assiégé puis incendié pendant leur reconquête du pays. La très pâle copie "à l'identique" que les Birmans ont reconstruite n'est qu'une triste coquille vide et sans âme, qui permet d'imaginer les proportions majestueuses de l'ancien Palais, mais qui échoue à refléter la beauté somptueuse des bâtiments d'origine. Heureusement l'un de ces palais fut sauvé des flammes par un fils visionnaire qui le déplaça à l'extérieur des enceintes royales. Ce splendide palais en teck sculpté reste aujourd'hui un précieux -mais fragile et rare- témoignage de la beauté d'antan.

ON THE WAY TO BAGAN


Pour gravir le Mont Popa avec nous, clique sur les offrandes ! 

La voiture est un fantastique moyen de transport pour découvrir l'arrière-pays, les activités de ses habitants et les beautés de ses paysages. Sur notre route vers Bagan, nous nous sommes arrêtés au Mont Popa, piton de lave solidifiée, lieu de pèlerinage bouddhique, mais surtout lieu de la plus grande concentration de "Nats" du pays, et ce depuis la nuit des temps. Jusqu'au 11ème siècle, les rois ne manquaient jamais de leur rendre visite avant d'entamer leur règne. Le culte des Nats, étranger au bouddhisme, vient d'Inde et repose sur la croyance selon laquelle chaque être, vivant ou mort, est animé d'un esprit, qu'il faut se concilier par des sacrifices et des offrandes. Ainsi après la mort d'une personne, ses proches prennent soin de son esprit errant en lui construisant une stupa (lieu où il peut venir se reposer) et en lui offrant des vivres et de l'argent pour l'amadouer. Sont ainsi érigés absolument partout dans la nature de petits sanctuaires, mêlant allègrement croyance bouddhiste, référence hindoue et culte animiste !

BAGAN


Pour sillonner Bagan avec nous, monte sur le scooter ! 

De l'avis général, Bagan est sans contexte LE point d'orgue de la Birmanie en matière de beauté architecturale et de majesté du lieu. Des 4000 pagodes, temples et stûpas construits entre le 11ème et le 13ème siècle, 2200, de toutes tailles et formes confondues, tiennent encore debout, constituant un patrimoine architectural fabuleux et unique. Pendant deux jours, nous avons sillonné en scooter les petits sentiers poussiéreux de ce gigantesque musée à ciel ouvert, découvrant à chaque détour une nouvelle beauté inattendue. Si certaines pagodes ont été terriblement rénovées, si d'autres sont extrêmement mal mises en valeur, si l'on ne peut s'empêcher de penser que ces richesses ne survivront pas à l'assaut des touristes si elles ne sont pas mieux préservées, il n'en reste pas moins vrai que Bagan offre à chaque heure du jour et de la nuit un horizon aux couleurs changeantes, un choc esthétique inoubliable. 
La liberté procurée par nos scooters a bien sûr contribué à l'engouement unanime en dépit de la chaleur, de la poussière et de l'obligation de se déchausser en permanence... Car c'est un point que les enfants ne manqueront pas de mentionner à quiconque leur demandera s'ils ont aimé la Birmanie. "Oui, sauf qu'il faut tout le temps enlever ses chaussures et marcher pieds nus alors que c'est complètement dégoutant partout"... Tout est dit. Et il faut reconnaitre qu'ils ont tout à fait raison ! Dès Yangon, nous avons senti qu'il nous faudrait prendre le pli de nous déchausser absolument partout, et non pas seulement pour faire quelques pas à l'intérieur d'un temple, mais souvent pour arpenter tout un site et traverser parfois des endroits où mieux valait ne pas se demander ce que nous étions en train de piétiner... Vive les 7x10= 70 paires de chaussettes que j'avais pris le soin d'emporter ; nous les avons bénies ;-)



EN MARCHE VERS INLE


Pour marcher jusqu'au monastère avec nous, clique sur le sourire coquin ! 

C'est en avion que nous avons rejoint la ville de Heho, lieu de départ de nombreux treks à travers les collines et les montagnes birmanes. Accompagnés de notre petite guide birmane qui parlait parfaitement anglais, nous avons marché pendant 5 heures à travers la campagne et les collines, en direction d'un monastère où nous passerions la nuit. Cette marche au milieu des champs et des chemins escarpés nous a plongés au coeur d'une Birmanie toute différente de celle des villes et bien sûr radicalement différente de Bagan que nous venions de quitter. 
Nous y avons observé de loin ou croisé de près des familles de paysans au travail, des agriculteurs sur leur charrette, des jeunes tisseurs de paniers d'osier, des grands-mères courbées sur leur fourche, des jeunes filles ployant sous le poids des bidons d'eau puisée dans la montagne, de jeunes garçons veillant sur leur troupeau de chèvres ... Nous avons admiré le calme et la beauté de ce paysage, la patience et le courage de ces travailleurs de la terre. 
Notre marche nous a menés jusqu'à un monastère qui abrite 70 jeunes moines ou novices, et qui accueille régulièrement des marcheurs de passage. Notre présence n'a cependant perturbé en rien la routine immuable du monastère, dont les petites moines ont poursuivi les tâches ménagères et spirituelles sans tenir compte de notre présence. C'est ainsi que nous les avons entendus se coucher et se lever avec le soleil, réciter et chanter leurs prières devant les statues de Bouddha, installer puis débarrasser et nettoyer leur repas. Dans ce monastère, comme dans les deux autres où nous avons eu la chance de passer un petit moment, nous avons été frappés par la discipline, l'autonomie et l'obéissance des petits moines. Inutile de préciser que nous en avons spécifiquement fait la remarque à nos enfants, allant jusqu'à les menacer de les envoyer y faire un stage à l'occasion ! Nous n'avons pas toujours bien compris qui de ces petits moines était novice à l'essai, moine définitivement, ou orphelin devenu moine faute de famille chez qui rester. Une chose est sûre : tous les garçons de 6-8 ans doivent passer quelques semaines dans un monastère, où ils décident ensuite de rester ou non. Cette "retraite" est un passage obligé dans l'éducation birmane, que la famille prépare et célèbre en grandes pompes, appelant de ses voeux que son fils devienne moine, figure infiniment respectée dans la société birmane. 

Après le bel hotel de Mandalay et le magnifique hôtel de Bagan, la simplicité extrême des conditions d'hébergement dans le monastère (matelas à même le sol, rares sources de lumière électrique, pas d'eau courante) tombait à point nommé pour nous ramener gentiment à la réalité de ce pays. Et Dieu merci, nous avons constaté avec soulagement que les enfants sont tout aussi (voire plus ?) heureux et enthousiastes dans un pauvre monastère perdu au fin fond de la montagne que dans un 5 étoiles. Ouf ;-) 

Tout au long du voyage, nous avons cherché à rendre visite à des orphelinats, comme nous essayons de le faire à chacun de nos voyages. Mes recherches avant de partir n'avaient rien donné ("you can just go and give a donation if you want") et nous désespérions un peu de trouver un endroit où passer du temps, rencontrer les enfants, jouer avec eux... Arrivés sur place, nous avons en fait compris que les orphelinats, souvent synonymes de monastères, fonctionnent comme les lieux de culte : ils vivent des donations permanentes des fidèles, des habitants, des personnes de passage, ... Au hasard de nos visites, nous avons en effet pu visiter 3 monastères différents, dans lesquels nous avons à chaque fois été accueillis comme si nous étions attendus, sans pourtant nous être annoncés. Nous ne leurrons pas pour autant : la perspective de la généreuse donation que Martin ne manquait pas de laisser en partant n'était pas complètement étrangère à la qualité de l'accueil. Fair enough ;-) 
Si la communication avec le "head master"/"père spirituel"/"moine senior en charge" était généralement très limitée par la langue, le football est toujours venu à notre aide pour établir entre les enfants et nous une compréhension mutuelle immédiate. Les enfants n'auront jamais autant joué au foot que pendant ces 10 jours ! Et Poupette doit être l'une des rares demoiselles à pouvoir dire qu'elle a disputé de nombreux matchs de foot avec des moines birmans ! Il était assez magique d'admirer la rapidité avec laquelle les enfants s'adoptent et se comprennent dès lors qu'une balle leur passe entre les jambes...

LE LAC INLE


Pour naviguer avec nous, clique sur le pécheur !

Notre marche et notre halte au monastère nous ont menés jusqu'aux rives du lac Inle, où nous avons là encore découvert un autre visage de la Birmanie profonde, celui de la vie lacustre, du savoir-faire des artisans locaux, des maisons sur pilotis, des jardins et des marchés flottants, ... Nous avons adoré nous promener au rythme de nos embarcations, découvrir un mode de vie sur l'eau si particulier, observer les scènes de vie sur les berges, admirer les silhouettes des pêcheurs en équilibre au bout de leur pirogues à la tombée de la nuit, ... Nous avons aussi senti combien cette micro société au mode de vie si particulier et vulnérable est en train d'être bouleversée par l'ouverture du pays. Les hôtels commencent à fleurir sur les rives, les embarcations à moteur, bruyantes et polluantes, prennent le pas sur les pirogues traditionnelles et les itinéraires pour touristes se précisent, laissant craindre que l'équilibre social et économique de cette société ne résiste pas aux influences extérieures, peu respectueuses des traditions ancestrales...       

C'est dans cette atmopshère si paisible et envoûtante que nous avons terminé ce qui restera sûrement à ce jour l'un des plus beaux voyages que nous ayons faits. Tous les ingrédients y étaient : le dépaysement total, le contact avec la population, les beautés naturelles et architecturales, la diversité des environnements et des activités, l'intérêt renouvelé des enfants pour chaque nouveau lieu, la découverte d'une spiritualité unique, l'observation des changements sociaux et économiques d'un pays à l'histoire si particulière, et bien sûr les couleurs et les odeurs de l'Asie qui nous ont replongés avec délice dans nos pérégrinations asiatiques passées... 
Et maintenant, à nous l'Europe !!

1 comment:

AJJ said...

Bravo pour ces magnifiques photos et merci de nous avoir fait voyager par la
occasion! On vous embrasse