Pour un premier voyage, franchement j’ai été servi !!!! Il m’est impossible de retranscrire en une page la somme d’impressions, de découvertes, de rencontres …
Le but de ce voyage était la visite d’un de nos sites perdus au beau milieu de l’Indonésie, une mine de charbon employant 12000 personnes pour laquelle nous fournissons une couverture médicale complète : 62 personnes dont 5 médecins, 2 dentistes, des infirmières, aides-soignantes, chauffeurs … J’étais particulièrement excité à l’idée de découvrir comment nous mettons en œuvre sur le terrain le genre de projet que je contribue à vendre depuis mon ordinateur …
Mardi
La première journée était uniquement dédiée à Jakarta. J’ai donc passé la journée avec mes collègues, fait connaissance avec des médecins, des financiers, des logisticiens …
Mercredi
La journée s’annonce longue … Départ de l’hôtel 7h pour une arrivée prévue sur le site situé au milieu de Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo) vers 17h ... Premier avion, attente, deuxième avion (20 places à hélices), voiture … même si j’ai l’impression d’aller dans le lul de la cune, c’est un des sites les plus facilement accessibles (j’espère tester celui où on arrive en hydravion …). Enfin nous arrivons à la clinique, notre clinique. J’avoue que je suis ému en voyant ces patients patiemment assis dans la salle d’attente, ces infirmières affairées, ces enfants qui pleurent derrière une porte, et que l’on soigne. Je me sens ému, et fier de participer a une telle entreprise (et en plus une entreprise rentable car notre service est bien valorisé … enfin c’est ce que je suis censé garantir…). Tout le monde est très gentil avec nous, et comme partout en Asie du Sud, les gens sont souriants et accueillants. Je suis accompagné de Vianney, en charge de tous les sites de ce genre en Indonésie. En fait il n’est que « technical advisor » puisque dans ce pays un étranger ne peut pas avoir de responsabilités directes. Il « advise » donc une Indonésienne sans jamais prendre de décisions… Nous passons la fin de la journée avec le médecin expat (enfin « medical advisor », avec interdiction formelle d’exercer la médecine) et la directrice de la clinique, un personnage qui nous raconte la vie du site … Nous allons ensuite dans le camp des expats et des Indonésiens de haut rang (tennis, piscine, 18-trous, squash etc.) pour un bon dîner dans le mess local, une bonne bière dans le refuge des expats et ensuite un bon dodo dans l’hôtellerie qui est juste correcte.
Jeudi
« Allllllllaaaaaaaaah Akkkkkbbbbbbaaaaaaarrrrrrr ! ». Il est 4h30 et y’a un gars qui crie dans un micro à environ 20 mètres de ma piaule. C’est pour cela que tout le monde souriait en voyant le numéro de chambre sur ma clé… Enfin l’homme s’arrête après 10 min en permettant aux honnêtes chrétiens de se rendormir en paix. La dimension musulmane de ce pays n’est pas du tout agressive, on voit ici et là des femmes porter le voile (mais il s’agit quasiment tout le temps du voile léger qui ne couvre que les cheveux) et des hommes à barbichette (les Indonésiens sont imberbes). Il y a peu de radicaux, même s’il paraît que leur nombre augmente, avec la stratégie bien connue de barbus qui viennent ouvrir des écoles et des services sociaux très bien faits dans les quartiers défavorisés…
Nous passons la journée à rencontrer les personnes de la clinique, à revoir les process, à comprendre ce qui ne fonctionne pas bien pour bien ajuster notre mode de fonctionnement avec le client (nous venons de récupérer cette mission). Travail passionnant qui me met dans le bain de la complexité de la gestion de services médicaux et de la plus grande complexité de la gestion des rapports humains dans un environnement culturel complètement nouveau … Heureusement je ne suis pas là pour faire mais juste pour observer. Alors j’ouvre grandes les mirettes et les esgourdes et j’essaye de comprendre … Je retrouve quand même des composantes universelles de la société de services : un client qui ne veut pas payer, des opérationnels qui rament pour produire ce que les commerciaux ont vendu, l’informatique qui n’est pas bien comprise et exploitée, des personnes qui ne sont pas toujours contentes d’être là (même si la méthode de staffing est plus simple qu’en France … « la semaine prochaine, tu pars sur site pendant 6 mois »). Cette journée encore bien dense est très riche en enseignements !
Vendredi
Cette journée est dédiée à la visite de la mine … Les chiffres sont impressionnants : chaque jour, 100 000 tonnes de charbon sont produites et chargées sur des bateaux … La mine est entièrement à ciel ouvert, un espace gigantesque, marron de la terre et noir des veines de charbon brut qui affleurent partout. Nous visitons d’abord l’équipe en charge des explosions. La colline est rabotée tous les jours pour mettre à jour les gisements de charbon, et pour cela la bagatelle de 300 tonnes d’explosifs est utilisée tous les jours ! Le process est assez simple. Un foret creuse un trou de 10m de profondeur (et environ 30 cm de diamètre), on dépose un détonateur au fond, puis un camion vient directement verser l’explosif sur 7m. On refait l’opération 600 ou 700 fois et puis « boum » !
Nous assistons ensuite au ballet des camions qui transportent le charbon à l’usine de traitement. Comme le montre le film ci-dessous, vous verrez que ces bestiaux ne sont pas trop petits … Question à 3000 roupies, quelle est la hauteur du camion et sa charge utile ?
J’en vois qui trichent et regardent la réponse avant le film ! Ces camions font 12m de haut et peuvent transporter en un chargement la bagatelle de 380 tonnes de charbon … Et souvent on peut voir aux commandes de ces monstres une petite dame fluette avec un joli voile rose !
Après le déjeuner, nous visitons l’usine de traitement, ce qui est moins dépaysant : ordinateurs de contrôle et équipe réduite, process industriel et 3x8 (toute la mine fonctionne 24/24 sauf les artificiers). Le charbon est ensuite transporté sur un tapis roulant de 16 km jusqu’au port. Nous assistons au chargement d’un petit bateau qui ne prend que 19 000 tonnes.
Une bonne journée placée sous le signe de la démesure, qui me rappelle quelques souvenirs lointains …
Voici donc une première expérience assez incroyable, en pleine immersion dans un univers nouveau. Je mesure la chance de pouvoir plonger un temps court dans cet autre monde … et maintenant, place aux enfants ! (Thomas a dit hier à Angie « papa come tomorrow and play », je sais donc ce qu’il me reste à faire …)
Le but de ce voyage était la visite d’un de nos sites perdus au beau milieu de l’Indonésie, une mine de charbon employant 12000 personnes pour laquelle nous fournissons une couverture médicale complète : 62 personnes dont 5 médecins, 2 dentistes, des infirmières, aides-soignantes, chauffeurs … J’étais particulièrement excité à l’idée de découvrir comment nous mettons en œuvre sur le terrain le genre de projet que je contribue à vendre depuis mon ordinateur …
Mardi
La première journée était uniquement dédiée à Jakarta. J’ai donc passé la journée avec mes collègues, fait connaissance avec des médecins, des financiers, des logisticiens …
Mercredi
La journée s’annonce longue … Départ de l’hôtel 7h pour une arrivée prévue sur le site situé au milieu de Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo) vers 17h ... Premier avion, attente, deuxième avion (20 places à hélices), voiture … même si j’ai l’impression d’aller dans le lul de la cune, c’est un des sites les plus facilement accessibles (j’espère tester celui où on arrive en hydravion …). Enfin nous arrivons à la clinique, notre clinique. J’avoue que je suis ému en voyant ces patients patiemment assis dans la salle d’attente, ces infirmières affairées, ces enfants qui pleurent derrière une porte, et que l’on soigne. Je me sens ému, et fier de participer a une telle entreprise (et en plus une entreprise rentable car notre service est bien valorisé … enfin c’est ce que je suis censé garantir…). Tout le monde est très gentil avec nous, et comme partout en Asie du Sud, les gens sont souriants et accueillants. Je suis accompagné de Vianney, en charge de tous les sites de ce genre en Indonésie. En fait il n’est que « technical advisor » puisque dans ce pays un étranger ne peut pas avoir de responsabilités directes. Il « advise » donc une Indonésienne sans jamais prendre de décisions… Nous passons la fin de la journée avec le médecin expat (enfin « medical advisor », avec interdiction formelle d’exercer la médecine) et la directrice de la clinique, un personnage qui nous raconte la vie du site … Nous allons ensuite dans le camp des expats et des Indonésiens de haut rang (tennis, piscine, 18-trous, squash etc.) pour un bon dîner dans le mess local, une bonne bière dans le refuge des expats et ensuite un bon dodo dans l’hôtellerie qui est juste correcte.
Jeudi
« Allllllllaaaaaaaaah Akkkkkbbbbbbaaaaaaarrrrrrr ! ». Il est 4h30 et y’a un gars qui crie dans un micro à environ 20 mètres de ma piaule. C’est pour cela que tout le monde souriait en voyant le numéro de chambre sur ma clé… Enfin l’homme s’arrête après 10 min en permettant aux honnêtes chrétiens de se rendormir en paix. La dimension musulmane de ce pays n’est pas du tout agressive, on voit ici et là des femmes porter le voile (mais il s’agit quasiment tout le temps du voile léger qui ne couvre que les cheveux) et des hommes à barbichette (les Indonésiens sont imberbes). Il y a peu de radicaux, même s’il paraît que leur nombre augmente, avec la stratégie bien connue de barbus qui viennent ouvrir des écoles et des services sociaux très bien faits dans les quartiers défavorisés…
Nous passons la journée à rencontrer les personnes de la clinique, à revoir les process, à comprendre ce qui ne fonctionne pas bien pour bien ajuster notre mode de fonctionnement avec le client (nous venons de récupérer cette mission). Travail passionnant qui me met dans le bain de la complexité de la gestion de services médicaux et de la plus grande complexité de la gestion des rapports humains dans un environnement culturel complètement nouveau … Heureusement je ne suis pas là pour faire mais juste pour observer. Alors j’ouvre grandes les mirettes et les esgourdes et j’essaye de comprendre … Je retrouve quand même des composantes universelles de la société de services : un client qui ne veut pas payer, des opérationnels qui rament pour produire ce que les commerciaux ont vendu, l’informatique qui n’est pas bien comprise et exploitée, des personnes qui ne sont pas toujours contentes d’être là (même si la méthode de staffing est plus simple qu’en France … « la semaine prochaine, tu pars sur site pendant 6 mois »). Cette journée encore bien dense est très riche en enseignements !
Vendredi
Cette journée est dédiée à la visite de la mine … Les chiffres sont impressionnants : chaque jour, 100 000 tonnes de charbon sont produites et chargées sur des bateaux … La mine est entièrement à ciel ouvert, un espace gigantesque, marron de la terre et noir des veines de charbon brut qui affleurent partout. Nous visitons d’abord l’équipe en charge des explosions. La colline est rabotée tous les jours pour mettre à jour les gisements de charbon, et pour cela la bagatelle de 300 tonnes d’explosifs est utilisée tous les jours ! Le process est assez simple. Un foret creuse un trou de 10m de profondeur (et environ 30 cm de diamètre), on dépose un détonateur au fond, puis un camion vient directement verser l’explosif sur 7m. On refait l’opération 600 ou 700 fois et puis « boum » !
Nous assistons ensuite au ballet des camions qui transportent le charbon à l’usine de traitement. Comme le montre le film ci-dessous, vous verrez que ces bestiaux ne sont pas trop petits … Question à 3000 roupies, quelle est la hauteur du camion et sa charge utile ?
J’en vois qui trichent et regardent la réponse avant le film ! Ces camions font 12m de haut et peuvent transporter en un chargement la bagatelle de 380 tonnes de charbon … Et souvent on peut voir aux commandes de ces monstres une petite dame fluette avec un joli voile rose !
Après le déjeuner, nous visitons l’usine de traitement, ce qui est moins dépaysant : ordinateurs de contrôle et équipe réduite, process industriel et 3x8 (toute la mine fonctionne 24/24 sauf les artificiers). Le charbon est ensuite transporté sur un tapis roulant de 16 km jusqu’au port. Nous assistons au chargement d’un petit bateau qui ne prend que 19 000 tonnes.
Une bonne journée placée sous le signe de la démesure, qui me rappelle quelques souvenirs lointains …
Voici donc une première expérience assez incroyable, en pleine immersion dans un univers nouveau. Je mesure la chance de pouvoir plonger un temps court dans cet autre monde … et maintenant, place aux enfants ! (Thomas a dit hier à Angie « papa come tomorrow and play », je sais donc ce qu’il me reste à faire …)

Pour voir les 60 photos de mon escapade, clique sur le camion
4 comments:
Mon pôvre... le clocher est plus tardif mais pas moins bruyant à proximité ! sympa les photos, camions impressionnants ; tu portes bien le casque ! ;-) re-bienvenue dans le monde du travail ! tu vas voir, tu y retrouveras parfois plein de bons et moins bons souvenirs... courage !
GENIAL ! Bravo Martin !
Isabelle
Enorme, merci pour le recit du premier business trip ! 380 tonnes !! En un chargement ??? C'est incroyable. Bises from Paris G&D
un grand merci d'Artus et Balthazar pour tous ces splendides camions
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